Sept ans après… de Guillaume Musso

Les personnages principaux sont deux archétypes opposés du succès. Ils sont faits l’un pour l’autre. Ils se détestent et s’aiment trop. Le volume aurait pu être imprimé chez Arlequin. C’est une grosse guimauve rose qui dégouline de sucre, du Musso à son meilleur.

Il n’y a pas de mots compliqués. L’histoire est juste assez alambiquée pour qu’on garde l’intérêt. Un ‘punch’ ponctue la fin de chaque chapitre ou presque. J’avoue que j’ai lu vite.

J’ai aussi craqué pour les jumeaux.

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Des vents contraires d’Olivier Adam

Aujourd’hui était une journée ordinaire. J’ai pris le train. J’ai travaillé dans le train.

Puis j’ai ouvert ce livre que mon amie Pascale m’a prêté et j’ai lu le premier chapitre et j’ai pleuré.

On ne se refait pas une vie

J’ai lu comme on écoute une berceuse triste, en souffrant et en sachant que la vie est plus forte que la mort. Il n’y a pas d’intrigue, mais je l’ai lu comme un « page turner ».

Quelques longueurs avec beaucoup de paysage de bord de mer : la mer, les vagues, le vent, la plage, les poissons. Il faut aimer les atmosphères de station touristique abandonnée. J’ai pensé à Saint-Sauveur qui se transforme complètement sous la pression des vacanciers.

Les mots sont bien choisis. Le ton est celui de la confidence. Je me suis sentie proche du héros. J’ai aimé lire.


Orages ordinaires de William Boyd

Une histoire qui se déroule à Londres. Elle utilise tous les clichés : un héros intelligent et un peu naïf, des méchants qui sont gros et laids, des scientifiques au comportement éthique, des hommes d’affaires sans scrupules, une police secrète manipulatrice.

Roman sympathique. J’ai lu vite parce que je voulais savoir comment l’histoire allait se terminer, pas parce que j’étais pressée de passer à autre chose.


L’exception d’Audur Ava Olafsdoittir

Comment se ramasser et continuer à vivre quand on se fait planter là par celui avec qui on avait chois de partager sa vie?

J’ai lu en imaginant très bien de quoi les personnages avaient l’air. J’ai bien aimé mais la fin est un peu en queue de poisson. Ça se termine sur un gros pas grand chose.


Les souvenirs de David Foenkinos

Au début ça coulait sympathique et un peu ordinaire. Je me demandais où l’intérêt se trouvait. Puis est arrivé le chapitre 51. Il m’a mise dans un état de grand bonheur. J’étais heureuse. J’aimais la terre entière. J’avais l’impression de toucher l’universel.

Et puis le chapitre 66 et arrivé. Je lisais à la piscine. J’ai dû abandonner. J’allais brailler bruyamment toutes les larmes de mon corps. Il a fallu que je prenne le temps de me ressaisir, de trouver un bon endroit ainsi qu’un bon moment pour poursuivre et terminer. Il m’aura fallu trois jours pour reprendre la lecture.

L’écriture est chaleureuse, intime, proche, puissante (dans le sens de évocatrice) et colorée. Les mots simples, naturels, chauds, enveloppants. Assise à la piscine avec les enfants qui crient et qui jouent, j’étais transportée dans un boudoir à l’atmosphère feutrée, en compagnie d’un ami. J’ai fait un grand tour de montagnes russes. Ça m’est arrivé souvent, plus jeune, en lisant A. Jardin.

Merci, auteur, pour ce magnifique texte.


La place d’Annie Ernaux

Annie Ernaux parle de la misère de ses parents, de la gêne de son père lorsqu’il rencontre une personne éduquée, du malaise qui s’installe entre elle et lui parce qu’elle grimpe l’échelle sociale. On observe un homme dont la fierté se mélange à la gêne et à la maladresse. Elle fait le portrait d’une génération avec douceur, bienveillance et distance. J’ai cru par moment que cette famille n’était pas la sienne.

L’écriture est difficile à comprendre. J’ai trouvé le vocabulaire particulier, certaines expressions sibyllines, le style ampoulé. J’en garde tout de même un très bon souvenir parce qu’il y a une paix dans la façon de dire. J’y ai trouvé une certaine poésie.

 


Ils partiront dans l’ivresse de Lucie Aubrac

Le ton est un peu guindé. C’est probablement l’époque. Le féminisme est surprenant. On ne peut pas demander qu’il soit celui de 2018.

Il y a des longueurs, mais je suis contente d’avoir lu. On ne devrait pas passer à côté de ces histoires qu’il faut lire, dire et surtout ne pas oublier.